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Le langage clair, 11 recommandations pour que vos destinataires comprennent votre texte

Nous avons vu :

 

1) Pourquoi utiliser le langage clair dans vos textes ?

La technique du langage clair a un objectif : les destinataires doivent comprendre facilement le texte, dès la première lecture. Pour cela, le langage clair a un grand principe : le rédacteur doit changer de point de vue, pour se mettre à la place des destinataires.

 

Maintenant que nous savons ce que cette méthode peut apporter à un texte, découvrons comment utiliser la technique de rédaction en langage clair !

Le langage clair, c'est un ensemble de bonnes pratiques de rédaction recommandées pour s’adresser au grand public. Avec cette technique, vos destinataires comprendront facilement votre texte, dès la première lecture. Depuis que j’ai découvert la rédaction en langage clair, je l’utilise à la fois pour les corrections de textes, et pour écrire à mes clientes et clients.

Le langage clair a plusieurs objectifs :

  • Nᵒ 1 : Le destinataire doit trouver l’information qu’il cherche. De quoi la lectrice, le lecteur a-t-il besoin ? Quelles questions se pose-t-il ?

  • Nᵒ 2 : Le destinataire doit comprendre l’information.

Ainsi, l’objectif nᵒ 3 sera atteint : le destinataire doit utiliser l’information.

 

Pour ces objectifs, des outils de rédaction existent. Dans cet article, je vous présente 11 outils de rédaction en langage clair.

Le langage clair, c’est écrire dans l’ordre sujet/verbe/complément

Objectif nᵒ 1 : le destinataire doit trouver l’information qu’il cherche

Pour préparer son texte, le rédacteur ou la rédactrice doit déterminer :

  • quelles informations le destinataire vient chercher ;

  • quelles questions le destinataire se pose ;

  • de quoi le destinataire a besoin pour agir ensuite.

 

Une fois que le rédacteur a établi ces éléments, voici les solutions de rédaction !

Les solutions :

1) Mettre l’information la plus importante au début du texte

Si l’information la plus importante est au début du texte, elle sera lue. Ceci, même si le lecteur ou la lectrice ne va pas plus loin. Et cette information sera mieux retenue. Plusieurs ordres sont possibles : du plus important au moins important, du général au particulier, du simple au complexe, l'ordre chronologique des actions (si X, alors Y).

Dans ma pratique de correctrice professionnelle, je fais attention à l’ordre chronologique des événements. De plus, je vérifie que, si l’introduction annonce un plan, il a le même ordre que les paragraphes qui suivent.

2) Écrire sous forme de questions/réponses

En préparant son texte, le rédacteur ou la rédactrice a déterminé quelles questions le destinataire se pose, quelles informations il cherche. Écrire sous forme de questions/réponses permet au destinataire de se repérer.

 

3) Ajouter des sous-titres sur le même modèle

Les sous-titres doivent avoir la même forme grammaticale. Dans l'article que vous êtes en train de lire, c’est une numérotation, suivie d’un verbe à l’infinitif. Cela aide le lecteur ou la lectrice à se repérer.

 

4) Faire un paragraphe pour une idée

Par exemple, quand j’écris un e-mail, je sépare les différentes idées par une ligne.

 

5) Mettre en valeur de façon visuelle les éléments importants

  • Faire des listes à puces.

  • Mettre un terme en gras (oui, comme en rédaction web).

 

Dans un e-mail, lorsque je pose une question, je mets cette question à la fin d’un paragraphe. Ainsi, le point d’interrogation attire l’œil. (Auparavant, je laissais la question au milieu du paragraphe si j’avais écrit le paragraphe spontanément de cette façon.)

 

6) Écrire des phrases courtes

En langage clair, il est recommandé d’écrire des phrases de moins de 20/25 mots. Mes clientes et clients le savent, un de mes commentaires fréquents est « J'ai reformulé pour couper cette phrase longue en 2. » Parfois, je coupe la phrase longue en 3 !

7) Faire des phrases directes, aller droit au but

C'est une nouvelle habitude à prendre, si, comme moi, vous écrivez souvent :

Avant :

« Je vous remercie par avance de bien vouloir... »

Maintenant, j’écris directement :

Après :

«  Merci de… » 

Dans un texte à corriger, il était écrit :

Avant :

« C’est tout naturellement que vous souhaitez savoir... »

J'ai reformulé ainsi :

Après :

« C’est naturel, vous souhaitez savoir... »

Voici comment j’ai relancé une de mes clientes par e-mail :

 

Mon premier message disait :

Avant :

« Merci de me faire signe lorsque vous en saurez plus sur le planning, je pourrai ainsi accepter d'autres missions dans l'intervalle. »

Voici mon second message. Mes questions sont visibles grâce aux points d’interrogation, aux retours à la ligne, et au saut de ligne avant la phrase d’explication.

Après :

« Pouvez-vous me préciser le planning ?

Quand pensez-vous m'envoyer le document ?

Quand voulez-vous le recevoir corrigé ?

 

Je vous remercie de votre réponse, elle me permettra d'accepter d'autres missions dans l'intervalle. »

 

 

Objectif nᵒ 2 : le destinataire doit comprendre l’information

Ne laissons pas la place à l'interprétation ! L'interprétation crée une certitude, qui peut être une fausse information.

  • Le rédacteur est persuadé que les destinataires vont comprendre le message dans le sens dans lequel lui l'a pensé.

  • Le destinataire est persuadé d'avoir compris correctement, il ne doute plus. Il interprète l'information, et il la considère comme certaine.

8) Simplifier le vocabulaire

Le plus grand nombre de personnes doivent comprendre les termes employés, immédiatement. Nous devons écrire pour la personne qui a le moins de connaissances sur le sujet. Utiliser un langage courant, abandonner un langage administratif : c'est une révolution pour des administrations ou des compagnies d’assurances !

On remplace un terme complexe par son synonyme en langage courant : c’est la vulgarisation. Si ce synonyme n’existe pas, on explique le terme complexe. On utilise le même mot sans synonymes, pour une notion. Répéter le même mot pour éviter une confusion, c’est préférable à l’élégance de certaines tournures de phrase.

 

9) Utiliser la voix active, et éviter les négations

La voix active est du type « qui fait quoi », « Catherine ouvre la porte ».

Parfois, le résultat est plus important que l’action. On utilise alors la voix passive : « quoi fait par qui », « la porte est ouverte par Catherine ». Ici, on précise à la fin de la phrase quelle personne réalise l’action. Cela complique la compréhension, notamment pour la personne qui lit trop vite.

Les négations sont du type « il ne fait pas », « il ne fait plus », « il ne fait jamais ». Si le « pas » a disparu, remettons-le !

On remplacera « il ne peut » par « il ne peut pas » :

Avant :

« Vous ne pouvez vous attendre à mieux. »

Avez-vous bien lu le « NE » ? La négation est peu marquée, cela peut être un piège. Pour lever les doutes, lorsque j’ai corrigé cette phrase, j'ai écrit :

Après :

« Vous ne pouvez pas vous attendre à mieux. »

Parfois, on peut réécrire la phrase pour se passer de la négation :

Avant :

« Il n’en est pas moins efficace. »

Après :

« Il est tout aussi efficace. »

Avant :

« C’est un ingrédient dont on ne peut pas se passer. »

Après :

« Cet ingrédient est indispensable. »

10) Montrer quel mot est le sujet, quel mot est le verbe, et quel mot est le complément

À la première lecture d’une phrase, le lecteur ou la lectrice doit comprendre quel mot est le sujet, quel mot est le verbe, et quel mot est le complément. Donc le plus simple, c’est de respecter l’ordre sujet/verbe/complément !

Avant :

« Le risque est d’autant plus élevé lorsqu’à ces facteurs s’ajoute une mauvaise alimentation. »

Quel est le sujet de « ajoute » ? J'ai reformulé ainsi :

Après :

« Le risque est d’autant plus élevé lorsqu’une mauvaise alimentation s’ajoute à ces facteurs. »

On met le complément à côté du verbe.

Avant :

« Le tout est en prime fabriqué… »

Après :

« En prime, le tout est fabriqué… »

On rapproche le nom et son complément.

Avant :

« Il faut lutter contre le sentiment, qui quelques fois existe, d’impunité. »

Après :

« Il faut lutter contre le sentiment d’impunité, qui existe quelques fois. »

 

Avant :

« Il faut bien se couvrir sur, et en dehors des pistes de ski. »

... sur quoi ?

Après :

« Il faut bien se couvrir sur les pistes de ski, et en dehors. »

 

Les mots-charnières peuvent être mis au début de la phrase, au lieu d’être noyés au milieu de la phrase.

Avant :

« Le système solaire combiné ne permet cependant pas de produire de l’électricité. »

Après :

« Cependant, le système solaire combiné ne produit pas d’électricité. »

11) Vérifier les pronoms et les déterminants possessifs

 Qu’est-ce qu’un pronom ? C’est un mot qui remplace un nom, par exemple :

  • je, tu, il ;

  • me, te, lui ;

  • celui-ci, celle-ci, ce dernier ;

  • qui, lequel.

 

Qu’est-ce qu’un déterminant possessif ? C’est un article, par exemple :

mon, ton, son

 

En général, dans un texte, on sait qui est « je » ou « nous », qui est « vous ». Mais, parfois, le rédacteur change de point de vue. Heureusement, la correctrice est là ! Quelquefois, c'est moins simple de savoir qui est « il » ou « elle ». La lectrice ou le lecteur peut être perdu ! Par principe, un pronom renvoie toujours au dernier nom de même genre (féminin ou masculin) et de même nombre (singulier ou pluriel) que ce pronom. Est-ce bien le cas dans vos phrases ?

Ainsi, j’ai lu dans 2 paragraphes séparés :

Avant :

« Votre enfant s’est fait une bosse.

Si la douleur s’avère forte, vous pouvez lui donner du paracétamol. »

Est-ce que « lui » renvoie au dernier nom au singulier, donc « douleur » ? Donne-t-on du paracétamol à la douleur ? Je répondrais non 😉.

Dans ce cas, une seule solution : écrire deux fois « enfant », ce sera plus clair ! Le lecteur aura les éléments pour comprendre, même s’il a survolé le paragraphe précédent.

Après :

« Votre enfant s’est fait une bosse.

Si la douleur est forte, vous pouvez donner du paracétamol à votre enfant. »

Toutes ces recommandations sont faites par différents organismes qui pratiquent le langage clair.

Vous les retrouverez dans la fiche aide-mémoire du langage clair d’Anne Vervier.

Pour approfondir le sujet, je vous recommande ce PDF de 80 pages avec des exercices, gratuit, à télécharger :

Écrire pour être lu, par la Fédération Wallonie-Bruxelles. 2015

 

Mes recommandations personnelles : la ponctuation et les chiffres

Bien sûr, en tant que correctrice de textes, j’applique les règles d’usage de la ponctuation, et je mets la bonne ponctuation lorsqu’elle est obligatoire. Au-delà, je l’utilise beaucoup pour que le public ciblé comprenne bien le texte. C’est ma pratique personnelle, et je vous explique pourquoi !

Les virgules

Dans certains cas, les virgules sont obligatoires selon les règles de langue. Je vais plus loin, puisque j’utilise beaucoup les virgules pour mettre en valeur les mots qui vont ensemble. Par exemple :

  • pour la clarté, quand les termes coordonnés sont longs et complexes ;

  • quand les constructions grammaticales sont différentes ;

  • quand le dernier élément contient un mot qui lui est propre (et qui, sans la virgule, s'appliquerait aux autres éléments) ;

  • quand je veux mettre le dernier terme en évidence.

Avant :

« Camille a acheté de la salade, des brocolis et des tomates bien rouges. »

C’est correct au niveau de la langue. Le lecteur attentif sait que la salade et les brocolis ne sont pas rouges. Donc son cerveau lui dit que « bien rouges » se rapporte seulement à « tomates » !

Je peux aider le lecteur peu attentif, qui a lu le texte rapidement, et je peux m’assurer qu’il a bien compris. Donc je vais montrer que « bien rouges » renvoie uniquement à « tomates », en ajoutant une virgule :

Après :

« Camille a acheté de la salade, des brocolis, et des tomates bien rouges. »

Cette utilisation de la virgule s’appelle la virgule d’Oxford.

 

Les deux-points

Dans une phrase, j’utilise beaucoup le deux-points pour montrer que la seconde partie de la phrase explique la première partie.

 

Les points-virgules

En plus des virgules, j’utilise le point-virgule pour montrer qu’il y a une hiérarchie, qu’il y a 2 sous-groupes comprenant chacun plusieurs éléments.

Supprimer les parenthèses

Les parenthèses créent une rupture visuelle dans la lecture. Et elles signifient que le lecteur ou la lectrice peut sauter la lecture des mots concernés. Or, quelquefois, c’est une information utile ! Très souvent, je supprime les parenthèses. Lorsqu’une parenthèse est en fin de phrase, je la remplace par un deux-points. Cela annonce une explication. Si une vraie phrase est entre parenthèses, et que c’est adapté au texte, j’en fais une phrase indépendante.

Avant :

« Il faut être vigilant pour tout sport avec des mouvements répétitifs et causant des microtraumatismes (course à pied, football, danse, etc.). »

Après :

« Il faut être vigilant pour tout sport avec des mouvements répétitifs et causant des microtraumatismes : course à pied, football, danse, etc. »

Dans cet exemple, le « etc POINT PARENTHÈSE POINT », qui est la forme correcte, devient « etc POINT ». Ça allège !

Écrire les nombres en chiffres, et non en lettres

Voici un exemple de message envoyé à une cliente :

Avant :

« Afin d'évaluer le temps nécessaire et d'établir un devis, je vous remercie de m'envoyer une dizaine de pages de votre livre. »

Après :

« Afin que j’évalue le temps nécessaire, et que j’établisse un devis, pouvez-vous m'envoyer environ 10 pages de votre livre ? »

Éviter les confusions

Lorsque certains termes qui se ressemblent se retrouvent dans la même phrase, cela peut perturber le lecteur ou la lectrice.

Avant :

« Quel est leur principe de fonctionnement, et quels sont leurs principaux avantages ? »

Après :

« Comment fonctionnent-ils ? Quels sont leurs principaux avantages ? »

Avant :

« Tout d’abord, nous allons aborder...»

Après :

« Tout d’abord, nous allons évoquer... »

virgules

Faire appel à une correctrice de textes qui utilise le langage clair

Quand je corrige un texte, je suis aussi sa première lectrice. Je suis bien placée pour vérifier que n’importe quel lecteur comprendra facilement votre texte !

J’ai un point de vue différent de celui des autres intervenantes et intervenants :

  • La ou le spécialiste : il écrit sur son expertise, alors qu’il a besoin de vulgariser.

  • La rédactrice ou le rédacteur professionnel : il s’est immergé dans le sujet. Il a peut-être manipulé le texte dans tous les sens, ce qui crée des coquilles.

  • La cheffe ou le chef de projet : il a suivi la création du texte, il connaît l’objectif du document (indiqué dans le brief), il a lu le texte à différentes étapes de la rédaction.

 

Vous souhaitez une réécriture en langage clair ?

C'est par ici !

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